Institutionnel

Lettre au Prefet après l’autorisation du poulailler de Ste Croix

Publié le lundi 25 janvier 2021

Par arrêté du 6 janvier 2021, le Préfet de Saône et Loire autorise un élevage de 60 000 poulettes à Ste Croix en Bresse.

Voici la lettre que la Capen adresse au Préfet.

Monsieur le Préfet, Nous attirons votre attention sur l’aspect anachronique de cette autorisation. Bien que votre arrêté soit bardé des rappels et précautions édictés par la législation – susceptibles d’ailleurs de décourager le porteur du projet, ce que nous espérons – il omet de traiter ce qui est à nos yeux son défaut principal.

Cet élevage industriel constituera, comme tous ses congénères, un facteur d’aggravation des risques de pandémies, en milieu agricole et aviaire d’une part, mais également avec des conséquences sur la santé humaine en lien avec la situation actuelle du fait de la COVID 19.

Les connaissances scientifiques sur les origines et les causes de ce virus- et d’autres à venir- sont suffisantes pour appliquer au plus strict le principe de précaution qui mériterait pour le moins un moratoire sur ce type d’installations devenues des incubateurs sans contrôle possible.

Aucune des prescriptions de cet arrêté ne tient compte de ces dangers sanitaires avérés. Sans même aborder d’autres facteurs aggravants : ce projet n’est pas climato-compatible et sera une atteinte quasi certaine à la biodiversité. La CAPEN 71 est également très dubitative quant à la capacité de l’administration de surveiller et faire appliquer ces restrictions : elle n’en a pas les moyens, du fait de la déficience en personnel pour effectuer les contrôles.

Au cas où les riverains devraient faire avec cette calamité imposée, il serait bienvenu de les informer au moins des conséquences possibles, comme le prévoit la Charte constitutionnelle de l’environnement (1). Par exemple en publiant dans les mairies concernées un cahier d’épandages des effluents avec les dates et parcelles concernées (2). Responsabilité oblige…

Quant à l’avenir économique de ce genre d’élevage industriel, la CAPEN 71, à l’instar des ONG environnementales et de syndicats agricoles, n’a aucun doute : ce sera celui des canards du Sud- Ouest ou autres « Mille vaches ». Avec des conséquences sociales dramatiques pour l’agriculture et le monde rural, particulièrement en Bresse.

Nous aurons fait de notre mieux pour alerter nos concitoyens et les pouvoirs publics.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre considération respectueuse et républicaine.

Pour le collège, le porte-parole T.GROSJEAN

(1)Charte environnementale