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Palinges (71) : une pollution agricole récurrente protégée ?

Publié le mercredi 2 décembre 2020

Le 30 mars, un agriculteur a pulvérisé un mélange de désherbants toxiques sur des parcelles proches de celles de riverains. Il l’a fait alors qu’il est interdit d’épandre en période venteuse. Les gendarmes ont classé sans suite la plainte d’un riverain, bien qu’ayant constaté les dégâts importants sur la végétation, ainsi que la mort d’une ânesse puis d’un chien qu’il a fallu euthanasier. Il n’a été procédé à aucune analyse pour chercher les preuves d’une liaison de causes à effets. La police de l’eau n’a pas consulté les riverains. L’ARS a préconisé que les riverains et victimes ne mangent pas leurs légumes de jardin…

Il y avait pourtant dans cette infraction un motif important d’aller plus loin dans les investigations : il a tous les éléments non seulement d’une pollution notoire de l’environnement, mais également une suspicion d’atteinte à la santé publique.

Alertée, l’association CPEPSC a également porté plainte, bien que sans illusion sur l’issue de ce recours. Mais a agi pour que cette pollution soit connue du public et ne reste pas ignorée de la justice.

La Capen s’associe à cette démarche dont elle se déclare solidaire.

L’attitude des pouvoirs publics concernés dans cette affaire est symptomatique de la plupart des empoisonnements d’origine agricole : tout est fait, malgré les avertissements, pour ne pas appliquer le principe de précaution sanitaire…afin de ne pas fâcher les lobbies agrochimiques. Suite logique, l’épidémie du COVID et les confinements sont venus offrir un autre prétexte officiel de déroger à la prudence : on a d’autres chats à fouetter. Sauf que le confinement accroit le danger pour les riverains

Pour qu’une donnée scientifique apporte la preuve d’un lien de causalité, encore faut-il avoir la volonté de chercher pour savoir. Ce n’est pas parce que les des produits polluants sont encore autorisés qu’ils sont pour autant sans danger, si tant est qu’ils aient été convenablement dosés : il n’existe désormais plus aucun doute scientifique quant à l’effet délétère des pesticides et dérivés sur la santé publique.

Dans l’immédiat, les associations environnementales rappellent aux pouvoirs publics leur responsabilité à ne pas sous-estimer ce risque sanitaire et suggère que les « gestes barrières » du COVID inspirent ceux nécessaires à la protection des riverains d’épandage de poisons :

  • faire respecter sans dérogation possible les distances et périodes d’épandage réglementaires,
  • obligation d’autorisation et de déclaration d’épandage (préfecture, mairie),
  • information préalable des riverains.

L’usage excessif des pesticides a été reconnu par l’Etat il y a plus de 10 ans, qui a adopté un plan de réduction. Faute de volontés politiques il n’a produit qu’une augmentation de leur usage et de ses conséquences de plus en plus graves sur la santé et la biodiversité.

Une exigence croissante sur les questions sanitaires et environnementales liées à l’agriculture est plus que jamais de mise si l’on veut que les intentions et mesures sanitaires liées au COVID soient prises au sérieux.

Voir aussi le site de l’association des victimes de pesticides.


  1. Le maire est responsable de la protection de la santé publique dans sa commune. Les produits utilisés — Pixxaro, Pragma — sont classés comme dangereux. 

  2. Depuis l’expertise de l’INSERM en 2013, la reconnaissance de la réalité scientifique de la dangerosité des pesticides n’a cessé de progresser. De même que la responsabilité juridique et pénale des pollueurs et fabriquants de poisons. Après la ré-autorisation récente des néo-nicotinoïdes, la confiance dans les promesses politiques n’est plus de mise.