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Nucléaire et Covid-19 : rien n’est sous contrôle, sauf l’information du public

Publié le samedi 11 avril 2020

Le 26 avril 1986 débutait la catastrophe de Tchernobyl. 34 ans plus tard, les incendies qui se sont propagés depuis le début du mois d’avril 2020 autour du sarcophage de la centrale nous rappellent qu’aucun dispositif de confinement ne peut être à la hauteur des menaces perpétuelles que fait peser sur nous le nucléaire.

Tandis que les fumées ukrainiennes se propagent en Europe, avec un niveau de radiation a-priori trop faible pour causer un danger sanitaire à long terme, notre vigilance est tétanisée par la gestion du COVID 19 qui submerge les médias.

Pourtant la situation devrait au contraire inciter à une vigilance accrue. Alors que l’industrie nucléaire fait la démonstration de son inadaptation au défi climatique du fait de la dangerosité croissante d’un parc de réacteurs vieillissants, où les incidents se multiplient, le lobby tente d’exploiter la crise sanitaire pour renaitre de ses cendres par un enfumage de manipulation de l’information.

Ainsi, le gouvernement et l’ONDRAF en profitent pour maintenir une consultation électronique devant se tenir du 15 avril au 13 mai sur l’avenir de la gestion des déchets pendant des milliers d’années. Sachant pertinemment que cette consultation sera masquée par la crise actuelle. Comme toutes les autres.

Le Covid-19 joue ainsi le rôle d’un miroir révélateur des dysfonctionnements du pouvoir dans l’information du public sur les enjeux réels, sécuritaires, sociaux et sanitaires d’un accident nucléaire majeur dont la probabilité augmente inexorablement, ne serait-ce que du fait d’une faillite financière de la filière.

Voir aussi les sites du Réseau Sortir du nucléaire et de la CRIIRAD.